Off-courts Trouville 2013 : un palmarès qui souligne la vitalité du court métrage francophone



off courtsC’est à l’issue d’une semaine riche en projections, ateliers et événements en tous genres que la 14e édition du Festival Off-Courts de Trouville a dévoilé son palmarès.

Les compétitions séparées (France/Québec/Reste du monde) ont permis aux différents jurys de souligner l’émergence de jeunes talents des deux côtés de l’Atlantique sans créer de rivalité artificielle.

Côté Québec, c’est donc Là où je suis de Myriam Magassouba qui a remporté le prix du jury. Le film est la chronique ultra-sensible d’un travail de deuil tout en retenue. La danse y joue notamment un rôle à la fois de catharsis et d’hommage, qui s’expriment avec une extrême douceur dans la séquence finale. Une mention spéciale a également été attribuée à Nicola sans s de Xavier Havitov, film d’animation sur le syndrome d’Asperger.

Côté français, Les perruches de Julie Voisin, comédie débridée sur la maladie, a convaincu à la fois le grand jury qui lui décerne son grand prix et le jury jeunes, qui lui remet le Prix de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.

Deux mentions récompensent par ailleurs des œuvres diamétralement opposées : le très maîtrisé et bouleversant Bout du fil de François Raffenaud (également prix de la Critique), qui suit le quotidien d’une vieille comédienne en attente d’un rôle, et Les deux morts de Parfait de Leila Fenton, chronique à hauteur d’enfant, plutôt niaise, et au fort pouvoir lacrymal rapidement exaspérant.

A noter également que le prix Unifrance revient au très réussi Retour de Yohann Kouam, dans lequel un jeune adolescent est bouleversé par la découverte de l’homosexualité de son frère aîné.

Enfin, sans surprise, les trois prix du public récompensent des comédies (Diagnostic, pochade un peu poussive de Fabrice Bracq, et Le toasteur de Michaël Lalancette farce familiale dans lequel un homme tente de se suicider avec son grille-pains) et un pseudo-drame à l’idéologie douteuse qui semble démontrer (assez caricaturalement) le dysfonctionnement inévitable d’une cellule familiale différente du modèle classique homme/femme/enfant (Elektric Indigo de Jean-Julien Colette).

Un palmarès assez représentatif de l’hétérogénéité d’une sélection 2013 qui mêlait des œuvres extrêmement maîtrisées à des propositions de cinéma plus inabouties, voire ratées. La sélection française, notamment, proposait 23 films de qualité variée, où la légèreté l’emportait sur la drame, et où les bons sentiments le disputaient souvent au désir d’aborder des thèmes de société. On sent que les réalisateurs sélectionnés ont des envies et des ambitions, voire d’excellentes idées de départ, mais qu’il leur manque trop souvent la possibilité d’aller au bout de leur projet.

A défaut de chefs d’œuvre d’originalité et de maîtrises, on a donc pu découvrir des films qui osent, qui expérimentent, et qui se trompent parfois, laissant rarement indifférents ceux qui les regardent. En plus des lauréats déjà cités, on peut ainsi retenir le troublant Je t’attends toujours de Clément Rivière, vrai-faux documentaire sur la disparition d’un enfant amateur d’ovni, Duku Spacemarines, pur délire d’étudiant en cinéma qui essaye de pitcher son prochain film et se laisse emporter par son enthousiasme, ou encore 5 mètres 80 de Nicolas Deveaux, ballet aquatique de girafes spécialistes de plongeons acrobatiques.

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