Django unchained de Quentin Tarantino



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Django unchainedL’histoire

Dans le sud des Etats-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, une troupe d’esclaves noirs enchaînés chemine péniblement dans des paysages désolés. Lorsqu’à la nuit tombée, ils croisent le chemin du docteur King Schultz, un dentiste allemand devenu chasseur de primes, le destin de l’un d’entre eux va changer à jamais. Libéré par Schultz, cet homme blessé que l’on nomme Django redevient maître de son destin, prêt à tout pour retrouver celle qu’il aime.

En une phrase

Mise en scène aérienne, dialogues irrésistibles, humour qui fait mouche… avec la légèreté et l’élégance qui le caractérisent, Tarantino hybride western spaghetti et film du grand sud pour une réappropriation cocasse et personnelle de l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis.

La critique (publiée sur www.ecrannoir.fr le 16 janvier 2013)

Cela fait maintenant plus de vingt ans que Quentin Tarantino impose sa vision du cinéma, faite de mélange des genres, d’audace dramaturgique et de ce style si unique qui est à la fois sa marque de fabrique et le résultat de son immense cinéphilie. On aurait pu penser que le temps abîmerait le cinéaste, ou tout au moins l’atteindrait, ne serait-ce qu’à cause d’une certaine lassitude. Et voilà qu’il revient avec un film magistral, parfaitement dans la lignée, voire telle une synthèse impressionnante, de toute sa filmographie.

La séquence d’ouverture est à elle seule la preuve de la vitalité de Tarantino. D’abord, des esclaves enchaînés qui cheminent dans des paysages désolés au son de Django, chanson écrite et interprété par Luis Bacalov pour le western spaghetti éponyme et culte de Sergio Corbucci (voir la section « buzzz »). Puis la rencontre pas vraiment fortuite entre ces mêmes hommes, escortés par de patibulaires esclavagistes, et un étonnant dentiste allemand au phrasé plus que précieux.

Éclairée à la lanterne, la scène se compose de larges plans très découpés qui laissent affleurer le premier degré de l’intrigue (l’exposition de l’histoire et des personnages) puis le second (distancié et ironique), induit par le contraste entre la situation et les répliques ampoulées de Christoph Waltz. Jusqu’à ce que la violence éclate au rythme des cervelles, finalisant la « Tarantino’s touch ». Mais attention : avec humour et élégance, comme il se doit, et comme l’incarne Waltz, nouvel acteur fétiche du cinéaste. A ce stade du récit, on a déjà le souffle coupé. Et tout le film est de la même veine, à la fois dans son écriture (dialogues effilés, digressions inattendues, situations savoureuses) et dans sa maîtrise de l’espace et du cadre. Pas de doute, après le goût d’inachevé laissé par Inglorious basterds, Tarantino revient à une maîtrise formelle de haut vol. Et bien sûr, il s’amuse, et nous avec.

Mais pas seulement. S’emparant à nouveau de l’Histoire pour en donner sa propre vision, il raconte la violence de l’esclavage, la cruauté de rapports raciaux pervertis et le cynisme du monde. Ce faisant, il donne une magnifique leçon de dignité et d’humanisme qui conduit à l’un de ses thèmes favoris, celui de la vengeance. Puisque le cinéma, ce merveilleux instrument de catharsis, offre l’opportunité de réparer les erreurs et de corriger les injustices, c’est précisément ce qu’il fait en transformant un homme à qui l’on a tout pris en justicier flamboyant et superbe. Et peu importe si ce n’est pas réaliste, ou fidèle à la réalité historique. Dans la dimension parallèle offerte par le cinéma, Django se soulève contre ses oppresseurs et venge ses frères de douleur. Il devient l’archétype du héros dur à cuire, invincible et surtout indestructible qui châtie les méchants et se joue de toutes les situations.

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