Bilan 2012 : les dix films qui ont marqué mon année



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Même si l’exercice peut sembler surfait, voire artificiel, rares sont ceux qui ne sacrifient pas à la tradition du bilan de fin d’année. Depuis un mois, chacun y va donc de son « top ten », « top five » et autres « best of 2012 ».

Comme tout le monde, j’ai eu l’occasion de me prêter au jeu, notamment lors de ma participation à l’émission Contrebandes de fin d’année. En réfléchissant à l’année cinématographique écoulée, j’ai été frappée de constater que très peu de films me restaient à l’esprit. Peu de coups de cœur, pratiquement pas de grandes découvertes et pas tellement de ces grands films qui vous accompagnent toute une vie (en 2011, il y avait Le cheval de Turin de Bela Tarr, ce qui avait suffi à en faire une année d’exception).

En 2012, on a donc plutôt eu de belles histoires, de jolies émotions et quelques agréables surprises. Voici donc les dix films (plus un) qui me restent en mémoire. Classés par ordre alphabétique, parce qu’aucun ne s’imposait comme numéro 1, à part peut-être le film subsidiaire.

bilan 2012

Amour de Michael Haneke

La Palme d’or 2012 sidère par sa mise en scène au cordeau et son propos douloureux filmé avec beauté et élégance. Plus que la déchéance et la mort, on retient l’amour et la vie.

A perdre la raison de Joachim Lafosse

Portrait glaçant d’une femme asphyxiée, A perdre la raison révèle la part d’ombre qui existe au cœur de tout rapport humain. Le spectateur partage le sentiment d’oppression grandissant qui étreint l’héroïne et ne peut que regarder, impuissant, la folie qui la guette.

César doit mourir des frères Taviani

Shakespeare dans un quartier de haute-sécurité : la tragédie antique comme révélateur des douleurs contemporaines, à la fois expérience humaine universelle et leçon de mise en scène fulgurante.

La chasse de Thomas Vinterberg

Un film qui glace le sang avec une vision sans concession d’une micro-société bien pensante lancée dans une chasse aux sorcières radicale et mortifère.

Elena d’Andrei Zviaguintsev

Le drame d’une société confrontée à l’injustice grandissante des inégalités sociales ausculté avec brio et provocation à travers le microcosme d’une famille recomposée. La mise en scène presque lyrique d’Andrei Zviaguintsev apporte une ampleur et un souffle qui élèvent le film à une dimension universelle.

bilan 2012

Ernest et Célestine de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Le meilleur film d’animation de l’année encourage chacun à aimer librement qui il veut, sans se soucier des normes et des préjugés. Et en plus c’est plein d’ironie et de morgue, appelant les plus jeunes à résister à l’autorité lorsqu’elle n’est pas justifiée. Un petit bijou, doublé d’un pur régal.

Moonrise kingdom de Wes Anderson

Wes Anderson met son inimitable sens du burlesque et sa mise en scène ultra-précise au service d’un hymne joyeux à l’amour et à la liberté. Irrésistible et brillant.

Oslo, 31 août de Joachim Trier

Rarement le spleen et le mal-être auront aussi bien été filmés au cinéma. L’errance du personnage principal dans la capitale norvégienne est d’une sobriété radicale et d’une mélancolie communicative. Joachim Trier capte avec finesse la réalité d’un monde vain dans lequel son héros est incapable de trouver sa place.

Take shelter de Jeff Nichols

Ce thriller paranoïaque a créé le climat le plus anxiogène de 2012, amenant le spectateur à douter de tout, et surtout de ses sens. Jeff Nichols explore si brillamment la zone d’ombre entre folie et cauchemar que l’on ne sait plus ce qui serait le pire : que le personne ait raison, ou qu’il soit fou. Michael Shannon confirme son talent pour les rôles extrêmes et habités.

Week-end d’Andrew Haigh

La rencontre amoureuse au coeur du film reste l’une des plus belles de l’année. Avec simplicité et fluidité, Andrew Haigh propose une alternative intelligente et fine à la comédie romantique traditionnelle. La manière opposée qu’à chaque personnage de vivre et revendiquer son homosexualité dresse un portrait tout en nuances de ce qu’est être homosexuel dans l’Angleterre d’aujourd’hui.

Et enfin : Final cut de Gyorgy Palfi. Film subsidiaire non sorti en salles mais présenté à Cannes, atypique et envoûtant, qui réunit les plus belles scènes d’amour du cinéma mondial à travers plus de cinq cent extraits. Une déclaration d’amour magique au cinéma, que l’on a juste envie de reprendre à son compte…

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