Berlin 2013 – Wong Kar-wai parle de « The grandmaster »



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Wong kar wai - zhang ziyi - tony leungOn peut être surpris de voir Wong Kar-wai ouvrir la 63e Berlinale avec un film de kung-fu, hommage au grand maître Ip Man qui enseigna les arts martiaux à Bruce Lee. C’est que pour lui, The grandmaster peut être vu à plusieurs niveaux.

« C’est un film sur le kung-fu, mais pas que ça« , a-t-il déclaré lors de la conférence de presse du film. « Il va au-delà des simples techniques pour parler de ses valeurs, de sa philosophie et de son code d’honneur. Je trouve cet univers fascinant. Et j’espère que le film peut apporter au public une nouvelle perspective sur les arts martiaux. »

L’idée d’un film qui retracerait la vie d’Ip Man lui est venue après avoir vu un documentaire, dans lequel le maître, très âgé, faisait une démonstration assez longue de mouvements de kung-fu. « Tout à coup« , se souvient-il, « il s’est arrêté parce qu’il ne pouvait plus continuer, soit parce qu’il avait mal, soit parce qu’il ne savait plus les mouvements… et ce moment m’a touché profondément. »

Ip Man a toujours refusé de faire des démonstrations privées de son art, même en échange de grosses sommes d’argent. Il ne voulait pas transmettre à un seul disciple, mais à tous sans distinction. Pour Wong Kar-zai, c’est là un des enseignements du kung-fu : « un grand maitre doit être généreux« .

Il se dit d’ailleurs surpris de ses rencontres avec différents maîtres kung-fu lorsqu’il préparait le tournage de The grandmaster : « J’ai été frappé par leur modestie. A l’origine, le kung-fu est un art de défense. Il peut tuer. Si les grands maîtres sont si modestes, c’est parce qu’ils savent qu’ils ont des armes dans la main.  »

Le réalisateur a par ailleurs reconnu que le mécanisme qui pousse les cinéastes à faire des films est relativement simple : « Nous avons envie de dire quelque chose, et pour ça nous avons besoin d’un public avec qui le partager, quel que soit le sujet. »

Pendant 10 jours, en tant que président du jury, il va exceptionnellement se retrouver dans le rôle de celui qui reçoit le film, et semble s’en réjouir. « Nous sommes ici pour servir les films« , a-t-il en effet confié. « Nous ne sommes pas là pour les juger mais pour les apprécier, promouvoir ceux qui nous inspirent et nous transportent. »

A lire sur www.ecrannoir.fr

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