Cannes 2013 : lettre à Jafar Panahi – jour 4



Cher Jafar,

De quoi parlait-on aujourd’hui sur la Croisette ? De cinéma ? Des réalisateurs soumis à la censure ? De l’exception culturelle ?

Pas vraiment. Aujourd’hui, tout le monde n’en avait que pour la pluie… Au moins, c’est politiquement correct, ça n’engage à rien, et personnellement je n’ai rencontré aucun festivalier qui émette un avis divergent sur la question

Je te sens désemparé… Rassure-toi, deux autres infos ont fait le buzz, et elles avaient même un rapport direct avec le festival : d’un côté le vol de 775 000 euros de bijoux Chopard (fournisseur officiel de la Palme d’or) et de l’autre les coups de feu tirés pendant le grand journal vendredi. Certains journaux ont supprimé de vrais articles cinéma pour parler de ces deux affaires.

Peut-être pas si anodin que ça en a l’air… Vois-tu, c’est même assez représentatif d’un certain état d’esprit régnant sur la Croisette.

Parfois, on peut avoir l’impression que la France, réputée dans le monde entier pour tant aimer le cinéma, a généré une sorte de monstre médiatique qui le dépasse, à l’affût de tout ce qui brille, ce qui flatte l’égo ou fait appel aux bas instincts du citoyen. Un festival du fait divers people ou sensationnaliste où la créativité, l’intelligence, en un mot, l’art, sont juste bons à faire une brève en bas de page, entre le spectaculaire et l’anecdotique.

A retrouver sur www.ecrannoir.fr

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