L’année 2015 en 24 films

film2015

Lorsque je me suis repenchée sur cette année cinématographique, 24 films me sont revenus en tête. Pourquoi 24 ? Au fond, pourquoi pas ? Deux films par mois, ce n’est pas si mal pour une année qui en a compté parfois dix fois plus chaque semaine…

Les dix premiers sont classés, les suivants sont par ordre alphabétique, plus en fonction de l’émotion ou du moment bien précis qu’ils évoquent. Il est assez amusant de constater que cette année, les documentaires m’ont particulièrement marquée tandis que le cinéma venu des Etats-Unis n’a au contraire laissé aucune trace.

Quoi qu’il en soit, ce fut plutôt une belle année.

Top 10

La Chambre interdite de Guy Maddin
The look of silence de Joshua Oppenheimer
Le fils de Saul de Lazlo Nemes
L’image manquante de Rithy Panh
L’étreinte du serpent de Ciro Guerra
Le grand jeu de Nicolas Pariser
Les milles et une nuits de Miguel Gomes
Le bouton de nacre de Patricio Guzman
Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot
Mustang de Deniz Gamze Ergüven

14 autres films qui ont marqué 2015 (par ordre alphabétique)

Cemetery of splendor de Apichatpong Weerasethakul
Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent
L’enquête de Vincent Garenq
Fatima de Philippe Faucon
L’idiot ! de Yuri Bykov
The lobster de Yorgos Lanthimos
La loi du marché de Stéphane brizé
Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore
Les nouveaux sauvages de Damian Szifron
Phantom boy de Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli
Que viva Eisenstein de Peter Greenaway
Taj Mahal de Nicolas Saada
Taxi Téhéran de Jafar Panahi
Vincent n’a pas d’écailles de Thomas Salvador

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Cannes 2015 : tous les articles en un coup d’oeil

Cannes, c’est l’escalier le plus célèbre du monde, des paillettes qui brillent de mille feux, des robes de soirées extravagantes, des stars planétaires, des budgets colossaux.

Mais Cannes, pour moi, c’est surtout une longue succession d’envies de cinéma, de surprises, de déceptions, de chocs, de découvertes, d’émotions qui submergent tout, de douleur infinie, d’inventivité, d’audaces, d’ennui, d’expérimentations, de musiques lancinantes, de plans fixes inouïs, de séquences virtuoses, de visages, de génériques, de files d’attente, de nuits trop courtes… et de nouvelles envies, intactes chaque matin pour la séance de 8h30.

Une succession de films qui modèlent l’un après l’autre ce qui restera de ce 68e festival. Mon 14e, sans lassitude aucune.

Les critiques

Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud desplechin
Le fils de Saul de László Nemes
The lobster de Yorgos Lanthimos
Tale of Tales de Matteo Garrone
An de Naomi Kawase
La loi du marché de Stéphane Brizé
Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
Youth de Paolo Sorrentino
La tierra y la sombra de César Augusto Acevedo
The assassin de Hou Hsiao Hsien
Chronic de Michel Franco
L’ombre des femmes de Philippe Garrel
L’étage du dessous de Radu Muntean
Mia Madre de Nanni Moretti
Mon roi de Maïwen
La glace et le ciel de Luc Jacquet

Les « Qui est »

Emmanuelle Bercot
Laszlo Nemes
Tadanobu Asano
Zhao Tao
Michel Franco

Les billets d’humeur

Lettre à… Ingrid Bergman
Lettre à… Naomi Kawase
Lettre à… Nathan Nicholovitch
Lettre à… Samuel Benchétrit
Lettre à… Tarzan et Arab Nasser
Lettre à… Brillante Mendoza
Lettre à… Cesar Agusto Acevedo
Lettre à… Antoine de Saint-Exupéry

Les articles divers

Premières impressions sur les 1001 nuits de Miguel Gomes
Retrouvailles avec Sharunas Bartas
L’Amérique du Sud à l’honneur dans le palmarès de la Semaine de la Critique
Un Certain Regard se porte sur l’Islande, l’Asie et l’Europe de l’Est
Notre palmarès idéal et celui de nos cauchemars

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Gone girl de David Fincher

Gone girlHistoire

Après la disparition inexpliquée de sa femme le jour de leur 5e anniversaire de mariage, Nick Dunne est peu à peu accusé par les médias, puis par la police, de l’avoir assassinée.

En une phrase

Un film dense et complexe qui offre matière à réflexion à la fois sur un plan personnel, universel, sensoriel et bien sûr cinématographique.

La critique (publiée le 8 octobre 2014 sur www.ecrannoir.fr)

Fidèle à sa réputation de cinéaste doué aimant flirter avec les narrations complexes, David Fincher revient avec un thriller froid, élégant et moderne à la précision tout clinique. Ici, comme il y a vingt ans dans Se7en, ou sept ans avec Zodiac, ce n’est jamais leWho dunnit ? qui compte, mais bien le comment, et surtout le pourquoi. Pourquoi Amy Dunne a-t-elle disparu ? Pourquoi Nick Dunne semble-t-il si peu dévasté par son absence ? Pourquoi ce couple en apparence idéal a-t-il volé en éclats ?

Rapidement, on comprend que la dimension conjugale du récit, placée au cœur du film, en est une des clefs principales. Avec Gone girl, ce ne sont en effet plus les liaisons qui sont fatales, mais bien le couple, et plus précisément le mariage lui-même, jeu de dupes où chacun ment, dissimule et prétend être un autre. David Fincher décortique avec ironie et finesse le malentendu qui préside au couple : au moment de la rencontre, pour lui plaire, chacun se présente tel que l’autre souhaite le voir. Un mensonge originel qui fonde la relation et piège peu à peu les deux protagonistes dans des postures intenables et faussées. Poussée à l’extrême, cette relation dysfonctionnelle crée un duo de personnages époustouflants, construits sur le principe des contrastes et des contraires qui se complètent et s’entraînent. Toute l’intelligence du scénario est de rapidement révéler le dessous des cartes pour permettre au spectateur de suivre en connaissance de cause le jeu de chat et de souris auquel ils se livrent avec gourmandise.

Chacun dans son registre, Ben Affleck et Rosamund Pike excellent. Pour une fois, le jeu éteint de l’acteur et son absence d’expression donnent à son personnage ce qu’il faut de fadeur et de niaiserie pour le rendre trouble. De même, la flamboyante beauté de Rosamund Pike associée à la douceur mièvre d’Amy Dunne compose un personnage complexe et ambivalent. Tout le jeu de Fincher est ainsi de jouer sur les apparences de ses acteurs (les fameuses apparences qui donnent leur titre au roman, signé Gillian Flynn, dont est tiré Gone girl) pour mieux distiller doute et faux semblants, jusqu’à déconstruire complètement ces archétypes trop parfaits pour être honnêtes et révéler leurs secrets honteux au grand jour.

Le spectateur est ainsi pris dans un tourbillon de révélations et de rebondissements qui ménagent leurs effets à la perfection. Ce qui semblait être un simple drame domestique, sur fond d‘adultère et de crise sociale, se mue alors en un objet multidimensionnel, ultra brillant, où la tension propre au thriller et la causticité des études de mœurs le disputent à une forme d’ironie irrésistible et impériale. Dès lors, David Fincher se fait ouvertement plaisir en jonglant avec des situations poussées à l’absurde, des personnages à la perversité déconcertante, et un final cruellement jubilatoire.

Plus que la mise en scène, élégante mais discrète, c’est l’écriture enlevée et les répliques en forme d’échanges de pingpong qui donnent au film sa véritable identité. Même dans les moments les plus anxiogènes, l’humour des dialogues et le décalage des situations mettent le spectateur sur la piste d’une satire féroce (notamment celle des médias et du politiquement correct) plutôt que d’un film de genre classique. Même chose avec la construction en flashbacks qui fait apparaître, par bribes, la figure traditionnelle du couple « qui se désagrège », créant un mythe fondateur aussitôt démonté par le flashback suivant. Avec une véritable économie d’effets, David Fincher propose un film dense et complexe qui offre matière à réflexion à la fois sur un plan personnel (les affres de la vie de couple), universel (la noirceur et les incohérences de l’âme humaine), sensoriel (le plaisir absolu du thriller tendu et immoral) et bien sûr cinématographique, avec une utilisation magistrale d’un langage purement formel pour induire émotions contradictoires et critique sociale au vitriol tout en proposant, en apparence, un divertissement efficace et parfaitement calibré.

A lire sur www.ecrannoir.fr

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Hippocrate de Thomas Lilti

hippocrateHistoire

Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu.

En une phrase

Un regard tendre et souvent drôle sur les réalités de l’hôpital public, de la condition de médecin et du rapport soignants/soignés.

Critique (publiée le 3 septembre 2014 sur www.cannes-fest.com)

Dans l’imaginaire collectif, le monde médical se décline en séries à succès : « Dr House », « Urgences », « Grey’s anatomy », autrefois même « La clinique de la forêt noire »… Le cinéma français n’est pas en reste, qui a produit ces dernières années notamment l’excellent La maladie de Sachs ou l’hilarant La clinique de l’amour, pour ne citer que ceux-là. Hippocrate, réalisé par un médecin qui fait des films, ou par un réalisateur qui soigne des gens, c’est au choix, penche plutôt du côté du premier que du second, même si l’on y retrouve une certaine imagerie empruntée aux séries précitées. D’ailleurs, les personnages passent leur temps à regarder « Dr House ».

Le film oscille ainsi entre un terrain connu (diagnostics, vie d’hôpital, relation patients/médecins…) où s’enchaînent les termes familiers (ponction lombaire, ECG, sonde gastrique…) et un naturalisme social inattendu et salutaire. Dès qu’il s’engage sur ce terrain, notamment avec la question des médecins étrangers, le film est bon. Intrigue rythmée, dialogues intelligents, situations justes… Comme une version engagée et plus sincère des fictions que l’on dévore sur petit écran, pour qui la tentation « sociale » ne va jamais vraiment au-delà du prétexte à suspense ou rebondissement.

En revanche, lorsqu’il délaisse l’observation sociale pour le pur divertissement, le film déçoit un peu, peut-être justement parce que dans le domaine, il ne peut égaler les références que sont devenus ses prédécesseurs. Cette dichotomie entre les deux composantes du récit se retrouve curieusement dans la répartition des rôles entre les deux acteurs principaux. Vincent Lacoste ne se défait pas de son image de Candide qui génère des situations burlesques et dont on retient plus la maladresse que la vulnérabilité, tandis que Reda Kateb emporte le morceau en terme d’émotion et de force dramatique. Il porte à lui tout seul les thèmes centraux du film : inégalité de traitement entre les médecins selon leurs origines, manque de moyens, manque de respect pour les choix des patients…

Mi opposés, mi complémentaires, les deux comédiens incarnent ainsi deux facettes d’une même réalité, à la fois tragique et risible, profonde et superficielle, troublante et douloureuse, dans laquelle transparaît au final toute la difficulté à être médecin aujourd’hui.

A lire sur www.cannes-fest.com

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Cannes 2014 : tous les articles en un coup d’oeil

Le plus dur, à Cannes, ce n’est pas de voir 4 films par jour, de sortir tous les soirs, de passer des heures dans les files d’attente ou de rencontrer tous les gens que l’on avait prévu de voir.

Non, le plus difficile, c’est de concilier tout cela avec le fait d’écrire deux ou trois articles quotidiens (et accessoirement de manger, au moins une fois par jour). Mais Cannes est le lieu idéal pour les expériences ultimes.

Retour en articles, critiques et chroniques sur cette 67e édition, la 18e du magazine Ecran Noir, et ma 13e à titre personnel.

Les critiques

L’adieu au langage de Jean-Luc Godard
La chambre bleue de Matthieu Amalric
Les combattants de Thomas Cailley
Deux jours, une nuit des frères Dardenne
Foxcatcher de Bennet Miller
Grace de Monaco d’Olivier Dahan
L’homme qu’on aimait trop d’André Téchiné
Jimmy’s Hall de Ken Loach
Juillet de sang de Jim Mickle
Les merveilles d’Alice Rohrwacher
Party girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis
Sils Maria d’Olivier Assayas
Sommeil d’hiver de Nuri Bilge Ceylan

Les « Qui est »

Qui est Keren Yedaya ?
Qui est Jessica Hausner ?
Qui est Chen Daoming ?
Qui est Andrei Zvyagintsev ?

Les billets d’humeur

Lettre à… Jane Campion
Lettre à… Abderrahmane Sissako
La lettre à… Philippe Lacôte
Lettre à… Wild bunch
Lettre à… Panos H. Koutras
Lettre à… Leila Hatami
Lettre à… Sarajevo
Lettre à… Gilles Jacob

Les mots de Cannes

Accréd’
Le 8:30
Marché
Les marches
File d’attente
Tapis rouge
Tenue de soirée
Faire la manche
Frustration
Coupe
Films

Les articles divers

Enfin la palme pour Nuri Bilge Ceylan !
L’industrie chinoise star du marché du film
Danis Tanovic, prix Media de l’Union européenne

Les rencontres

Rencontre avec Ioanis Nuguet, réalisateur de Spartacus et Cassandra
Trois questions à Jim Mickle

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Les combattants de Thomas Cailley

les combattantsL’histoire

Arnaud rencontre Madeleine par hasard. Avec ses prophéties apocalyptiques et son âpreté permanente, elle l’intrigue, elle l’attire, elle l’affole. Lui aussi est prêt à tout pour survivre, du moment que c’est avec elle.

En une phrase

Une histoire d’amour singulière et drôle, basée sur le principe du décalage, et menée par un casting impeccable.

La critique (publiée le 30 mai 2014 sur www.cannes-fest.com)

Dès la séquence d’ouverture, Les combattants est placé sous le signe d’un certain décalage. Décalage entre l’image et le son, entre les situations et la manière dont elles sont appréhendées, entre ce que ressentent les personnages et ce qu’ils expriment. Ainsi, alors que c’est encore le noir à l’écran, une voix s’élève et énumère des prestations de cercueils. Cette voix-off en elle-même est déjà comique, alors qu’on ne connaît rien de son contexte. Puis l’image arrive, et l’on découvre deux jeunes hommes remettre abruptement en question la qualité du bois utilisée par la société de pompes funèbres, allant jusqu’à tâter les échantillons proposés. Le plan suivant les montre en train de scier des planches dont on imagine qu’elles serviront à construire un cercueil artisanal. Plus tard dans le film, on apprendra le fin mot de l’histoire concernant ce fameux cercueil.

Avec des scènes courtes, presque sèches, et des dialogues à l’avenant, Thomas Cailley crée d’emblée un univers singulier qui suscite l’intérêt et la curiosité. Le réalisateur va droit au but, sans explications inutiles, et avec un sens de l’ellipse qui induit une certaine distance avec les personnages. On ne les voit jamais agir, mais on les retrouve systématiquement déjà dans le résultat de l’action, comme toujours en mouvement. De même, les dialogues très piquants, les répliques inattendues et même les situations prennent presque toujours le spectateur par surprise, contrepied de ce que l’on pourrait attendre. Dans une séquence nocturne, le personnage principal croise un panneau signalétique représentant un requin, et tente de le faire tomber. Aussitôt, un militaire apparaît : « je peux t’aider ?! ». On s’attend à ce qu’il le réprimande, mais au lieu de cela, il lui donne des conseils pour que ses coups aient une portée plus efficace, comme une métaphore hilarante de ce qu’est en train de devenir l’existence du jeune homme.

Ce décalage permanent entre une situation « classique » et une réaction atypique ne pourrait fonctionner sans une écriture très fine, toujours sur le fil, qui manie avec virtuosité l’art de l’absurde et de l’ironie. Au service de ce scénario brillant, il fallait un duo d’acteurs à la hauteur, jamais dans la performance, mais au contraire dans la sincérité la plus totale. Pari réussi avec Kévin Azaïs et son jeu tout en retenue, presque effacé, mais surtout avec une Adèle Haenel très physique, à la présence magnétique, et qui occupe presque tout l’écran… jusqu’à ce que les rôles s’inversent. Un duo étonnant mais auquel on croit sur toute la durée, et qui permet au film d’aller jusqu’au bout d’une démarche que l’on ne peut pas vraiment qualifier de radicale, mais incontestablement d’inhabituelle et de personnelle.

En plus de l’humour constant des dialogues et des situations, Les combattants propose en effet une vision cocasse de la manière dont se construit un couple, mais surtout une réflexion non dénuée d’ironie sur la société contemporaine, univers hostile dans laquelle la survie ne va pas de soi. L’obsession macabre de Madeleine pour l’approche de la fin du monde rappelle ainsi à la fois les films post-apocalyptiques et les prédictions catastrophistes, mais souligne aussi l’instinct paradoxal qui pousse la jeune femme à se préparer pour une hypothétique apocalypse tout en l’empêchant de s’adapter dans la société réelle.

Car au-delà d’une comédie (sentimentale et réussie), Thomas Caillet propose une observation satirique mais juste du mal ultra-contemporain qui consiste à ne pas se sentir bien dans son époque. Sans que cela soit jamais mentionné (on l’a dit, le réalisateur ne s’embarrasse d’aucune explication), Les combattants semble ainsi la rencontre presque miraculeuse de deux âmes ultra-sensibles, un peu à côté de leur vie (décalées, à l’image du film), qui trouvent enfin un interlocuteur susceptible de les accepter tels qu’ils sont. Une histoire d’amour pudique, doublée d’une très belle allégorie sur le mal-être d’une génération.

A lire sur www.cannes-fest.com

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Tsai Ming-Liang et le moine de la dynastie Tang : la poussière du temps

Tsai Ming-Liang a créé spécialement pour le KunstenFestivaldesArts de Bruxelles une performance théâtrale intitulée Le moine de la dynastie Tang, donnée dans un cinéma désaffecté de la ville, le Marivaux. Dans ce décor urbain vidé de toute substance, à la fois désolé et monumental, une simple toile blanche est tendue sur le sol de béton nu. Lorsque la représentation commence, Lee Kang-Sheng (l’acteur fétiche de Tsai Ming-Liang) apparaît dans sa tenue de moine bouddhiste, pieds nus et crâne rasé (à l’instar de son personnage récurent dans la série de films expérimentaux Walker et le moyen métrage Journey to the west, présentés en parallèle au cinéma « Galeries » de Bruxelles). Il est le moine Xuanzang de la dynastie Tang qui parcourut des milliers de kilomètres à pied, de Chine jusqu’en Inde, à la recherche de textes sacrés du bouddhisme.

Durant toute la première partie de la représentation, Lee Kang-Sheng est étendu sur la feuille blanche, son manteau disposé autour de lui. Une silhouette noire, le peintre Kao Jun-Honn, entre alors en scène. Cet artiste taïwanais est un spécialiste du dessin au fusain dans les lieux abandonnés. Parfaitement dans son élément, il s’attèle à recouvrir l’espace blanc d’insectes variés aux antennes, pattes et ailes connectées au moine endormi (ou en méditation ?). Ses gestes précis, évidents, répétitifs, sont comme un mantra hypnotique qui met le spectateur en condition d’en voir plus. A peine achevés, les insectes seront recouverts consciencieusement pour que de nouveaux motifs puissent apparaître. Des fleurs, et surtout un arbre magnifique, incarnation du mythique arbre de vie, qui abrite le repos du personnage.

Enfin, Lee Kang-Sheng se lève et sort du décor, laissant derrière lui la trace immaculée de sa présence sur la toile noircie. Rarement on aura eu la perception aussi aigüe du temps dans son écoulement indifférent et inéluctable, par essence impalpable, et pourtant visible dans chaque étape de la performance. Tsai Ming-Liang semble également convoquer l’éphémère de la création, mis en regard de l’éphémère de l’existence. Le premier tableau sera ainsi soigneusement plié pour servir de base au suivant. Sous la feuille noircie, une autre feuille blanche apparaît en effet, prête à recevoir les nouveaux stigmates du temps qui passe.

La seconde partie met en scène le voyage de Xuanzang, sous forme d’abstraction plus que d’épisodes narratifs. Lee Kang-Sheng mange, tourne sur lui-même paumes ouvertes, marche de sa démarche lente qui semble décomposer l’idée même de pas et de mouvement, et traverse les paysages contrastés de l’Asie grâce à une idée de mise en scène, fulgurante de poésie, consistant à animer lentement la toile peinte sous les pieds du personnage. Difficile de décrire les nombreuses trouvailles visuelles qui composent ainsi la performance tout en respectant son épure esthétique presqu’aride. Comme Xuanzang, chaque spectateur parcourt en solitaire l’espace et le temps qui lui est ainsi donné, méditant pour lui-même sur ce qui lui évoque cette succession d’instants et de gestes dont tout est pensé dans les moindres détails, sans une once de superflu ou de gratuit.

Bien sûr, on peut se perdre en chemin et ressentir violemment, jusqu’à l’ennui, cette notion de durée qui est au cœur de l’œuvre. Mais s’abimer dans la contemplation de ses propres pensées n’est pas tant une trahison de la performance que sa prolongation immédiate, tant Lee Kang-Sheng semble sans cesse, par contraste, nous renvoyer à notre propre condition. Comment, face à son immobilité stoïque, ne pas s’interroger sur notre propension à l’impatience ou sur notre rapport paradoxal au temps ? « Peut-être est-ce justement ce qu’on ne fait pas qui nous donne une conscience du temps« , suggère Tsai Ming-Liang dans la note d’intention de la pièce. Devant Le moine de la dynastie Tang, il y a quelque chose de l’ordre de cette expérience, une intuition furtive qui tient plus de la perception sensorielle que de la conscience éveillée.

Article publiée sur www.ecrannoir.fr le 9 mai 2014

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Tsai Ming-Liang, un artiste complet honoré à Bruxelles

Chaque année au mois de mai, la ville de Bruxelles propose pendant trois semaines le KunstenFestivaldesArts, une manifestation urbaine et cosmopolite qui propose un large choix d’œuvres artistiques créées par des artistes belges et internationaux. Danse, théâtre, expositions et performances se mêlent dans une vingtaine de centres d’art de la ville.

Dans ce cadre, le cinéma indépendant Galeries, situé au centre de Bruxelles dans l’une des plus belles galeries couvertes de la ville, consacre jusqu’à la fin du mois une rétrospective au cinéaste taïwanais Tsai Ming-Liang, l’un des invités du Festival, qui a créé la performance théâtrale The monk from Tang dinasty spécialement pour l’occasion (voir notre article).

En plus de son œuvre cinématographique « classique », des Rebelles du Dieu Néon aux Chiens errants, les Bruxellois sont invités à découvrir 7 courts métrages tournés entre 2012 et 2014 autour de la figure historique du moine bouddhiste Xuan Zang qui parcourut la Chine, puis le monde, à la recherche des textes sacrés du bouddhisme.

Cette installation, qui réunit les six films du projet Walker et le moyen métrage Journey to the west, est présentée dans le sous-sol du cinéma, un dédale labyrinthique d’anciennes caves voûtées qui lui offrent un écrin à la fois protecteur (loin des bruits du monde) et esthétique (l’épure et la simplicité du lieu sont tour à tour en contraste et en harmonie avec la richesse visuelle ou au contraire l’aridité de ce qui est présenté sur les différents écrans).

Le visiteur est donc invité à déambuler dans l’espace pour découvrir à son rythme les différentes vidéos qui se font écho de pièce en pièce. On y retrouve notamment l’acteur fétiche de Tsai Ming-Liang, Lee Kang-Sheng, vêtu de l’habit pourpre de moine bouddhiste, pieds nus, marchant comme au ralenti dans des espaces souvent ultra urbains, mais aussi parfois en pleine nature. Du choc entre le personnage et son environnement, de sa silhouette si frêle au milieu du gigantisme des villes et des foules, naît la poésie bouleversante propre à l’œuvre du réalisateur. On sent la solitude, l’isolement et l’abandon de l’individu dans un monde devenu oppressant, où tout va toujours plus vite, et qui semble tourner à vide.

No form de Tsai Ming LiangA ce titre, le film le plus percutant de l’ensemble est indéniablement No form, créé en 2012, dans lequel le moine interprété par Lee Kang-Sheng est littéralement pris dans une foule pressée qui le submerge. La narration y est presque évidente, plus explicite en tout cas que dans les autres films formellement plus expérimentaux, et le montage alterné entre la foule qui enserre Lee Kang-Sheng et l’effort fait par celui-ci pour s’en libérer crée à la fois une tension et la sensation d’une libération. On ne sait pourtant si l’espace blanc immaculé et lisse dans lequel évolue alors le personnage est une nouvelle prison, ou la forme fantasmée d’un Nirvana enfin atteint.

La scène finale, d’une beauté fulgurante et, accompagnée de la chanson ô combien symbolique de Nina Simone, Feeling good, est comme la promesse d’une rencontre vraie entre le moine et celui qui le regarde. Pour la première fois, le personnage relève la tête et, au bord des larmes, croise le regard du spectateur à travers la fenêtre de l’écran qu’il semble vouloir traverser. Comme souvent avec l’œuvre de Tsai Ming-Liang, on est bouleversé par le flot sensoriel de ces images qui rappellent un cinéma pur libéré de tout artifice.

Walker de tsai Ming LiangUne impression ressentie également face à Walker, lorsque Lee Kang-Sheng déambule dans un paysage urbain nocturne, à la fois désolé et glauque, finissant par porter à ses lèvres ce qui semble être une galette de maïs, avec sur le visage une expression de souffrance indescriptible. Ici, comme dans Journey to the west, la marche du moine interroge les passants qui le regardent avec surprise, agacement ou compassion. Car de films en films, Lee kang-Sheng se mue en une sorte de figure christique écrasée par le poids de sa tâche. Ses mouvements si lents, sa tête penchée en avant, ses mains ouvertes dans un geste de méditation, mais aussi de supplique et d’humilité, en font un pèlerin authentique, surgi du passé pour bousculer nos convictions et nos habitudes.

La réflexion qu’offre Tsai Ming-Liang, Walker de Tsai Ming Lianget qu’il se garde bien de mener à notre place, s’inscrit en effet dans une démarche globale inhérente à une société contemporaine saturée de tout, et notamment d’images. Il nous place face à tout ce qui est peu à peu banni de la place publique : la lenteur, la faiblesse, le détachement, la douleur, le silence… « Ces films visent à permettre au spectateur de repenser dans leur quotidien leur rapport au temps et à l’espace« , résume-t-il en préambule de l’installation. « Ils sont un moyen de prendre la pulsation de chaque lieu et d’en faire ressortir son rythme propre, d’en prendre la température en quelque sorte. »

En parallèle, ses courts métrages expérimentaux interrogent aussi notre propre regard : « Je désire que le spectateur puisse méditer sur cette question : est-ce que voir un homme qui marche, qui est en mouvement mais sans avoir de but et sans parler, peut être considéré comme une œuvre cinématographique« , explique malicieusement Tsai Ming-Liang. Si faire du cinéma consiste avant tout à raconter une histoire, quelle que soit la forme qu’elle prend, alors la réponse est évidemment « oui ». Car face à ce personnage comme détaché de tout, immergé dans des lieux multiples aux histoires diverses, le cerveau humain crée du lien et de l’émotion, reliant presque malgré lui les points invisibles du récit tissé par le réalisateur, et sans doute même au-delà de ce que le cinéaste avait pu imaginer au départ.

Article publiée sur www.ecrannoir.fr le 9 mai 2014

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Noé de Darren Aronofsky

noeL’histoire

C’est le chaos sur terre. Noé, le dernier des justes, se voit confier par le créateur la tâche de construire une arche pour sauver toutes les espèces animales. Alors que son projet attire la convoitise de son pire ennemi, Noé doute : l’être humain mérite-t-il d’être sauvé ?

En une phrase

Adaptation fantaisiste, tonitruante et très premier degré de l’un des plus célèbres mythes de l’Antiquité.

La critique (publiée le 9 avril 2014 sur www.ecrannoir.fr)

Avec Noé, son arche et son déluge, Darren Aronofsky s’attaque au mythe le plus généralement répandu parmi les civilisations humaines, parfaitement connu du spectateur potentiel, et dont le récit originel tient en à peine quelques pages. Un matériel de départ plutôt délicat, certes riche et universel, mais qui laisse pas mal de vides à combler. D’où le choix du réalisateur et de son coscénariste Ari Handel de s’inspirer par ailleurs de textes apocalyptiques parallèles, comme le livre d’Enoch, et d’en tirer un salmigondis d’inspirations auxquelles ils ont pris soin d’ajouter leurs propres préoccupations.

Ainsi, Noé s’éloigne de l’imagerie habituelle du mythe (Noé le débonnaire, l’arche accueillante, les animaux majestueux…) pour dresser un portrait peu amène de l’Humanité, emplie de haine et de violence, égoïste et cruelle. Mais à travers cet épisode mythique de l’Histoire, c’est clairement la société contemporaine qui est visée. Darren Aronofsky dresse en effet de voyants parallèles entre l’époque de Noé et la nôtre : épuisement des ressources naturelles, croissance exponentielle des villes, guerres incessantes pour des portions de territoires ou de quoi subsister… et surtout la personnalité de Noé, dépeint comme un fou de Dieu auquel les intégristes contemporains n’ont rien à envier.

C’est sans doute là l’un des points les plus intéressants du scénario réinventé par Aronofsky et Handel, faire de Noé un être marqué par l’hybris, persuadé de connaître le dessein divin et d’en être l’instrument infaillible. Sauf que le film n’est jamais très clair sur le point de vue qu’il adopte. On est même tenté de le prendre au premier degré, et d’y voir une apologie de l’obéissance aveugle, propagande assez indigeste sur la beauté de la création, la grandeur de Dieu, et la méchanceté crasse de l’homme. D’autant que le seul qui s’oppose frontalement à l’idéologie défendue par Noé, c’est son pire ennemi, le descendant du fratricide Caïn, par ailleurs caricature d’homme avide, violent et égoïste. Difficile de savoir si Aronofsky met dans sa boucle les propos les plus sensés (l’homme doit reprendre son destin en mains) pour contrebalancer maladroitement l’outrance du personnage, ou au contraire pour les dévaloriser.

Extinction volontaire

Quoi qu’il en soit, le film montre classiquement deux conceptions opposées du monde, qui permettent d’illustrer l’éternel combat entre le mal et le bien. Cette manière de dramatiser un récit par ailleurs bien maigre aurait probablement pu s’avérer efficace, à défaut d’être novatrice, si les deux scénaristes n’avaient fait le choix du manichéisme le plus absolu. L’enjeu final (la survie, ou non, de l’Humanité tout entière) est tellement mal amené qu’il en devient grotesque et artificiel, et donc ennuyeux. Tout ce qui se passe dans l’arche après le déluge est à ce titre complètement oiseux, prétexte à un suspense de pacotille, doublé d’une morale, au mieux naïve (le vrai bien triomphe toujours), au pire douteuse (Noé ne reconnaît jamais s’être trompé dans son jugement, il se contente d’exercer son « droit » à décider qui « mérite » de survivre et qui doit mourir).

Face au comportement auto-destructeur et inconscient de l’homme, la question de son extinction volontaire est pourtant légitime. Il est même assez malin d’avoir semé le trouble dans l’esprit de Noé, instrument de Dieu qui en vient, au fond, à douter des actes de son créateur. Mais le film n’explore jamais la portée métaphysique de cette question, se contentant d’en faire une idée monstrueuse et repoussoir pour mieux donner l’absolution à la race humaine.

Assez gonflé de la part d’Aronofsky que de cantonner son intrigue à un plan religieux plutôt basique, sans jamais tirer de leçons explicites du comportement de ses personnages. L’intransigeance de Noé, l’outrance de son seul contradicteur et l’obéissance respectueuse de sa femme et de ses enfants sont comme des données brutes qu’il ne cherche jamais à comprendre ou analyser. Il faut dire que la psychologie des personnages n’est pas vraiment le point fort du film. Balayant du revers de la main les aspects les plus intimistes de son intrigue, le cinéaste a clairement choisi de jouer la carte du grand spectacle et de la démesure.

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L’industrie cinématographique se demande toujours où sont les femmes

femmesLa question de la place des femmes dans l’industrie cinématographique semble revenir sur le devant de la scène avec la même régularité (et la même constance sournoise) que les allergies saisonnières. En mai 2012 déjà, l’absence de femmes dans les sélections cannoises faisait grincer les dents. En mai 2013, alors que des critiques virulentes s’étaient élevées face à la sélection d’une seule réalisatrice (Valéria Bruni-Tedeschi) en compétition officielle cannoise, la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti avait commandé une étude sur le sujet au Centre national du cinéma.

A quelques semaines de l’annonce de la sélection du Festival de Cannes 2014,  les premières conclusions de l’enquête viennent de sortir. Sans surprise, on apprend qu’en 2012, seulement 23% des réalisateurs de longs métrages de cinéma français étaient des femmes et que moins d’un quart des films agréés cette année-là ont été réalisés par des femmes.

Des chiffres à mettre en perspective d’une part avec ceux d’il y a seulement quelques années (18,4% de réalisatrices en 2008) et d’autre part avec ceux d’autres pays européens (18,4% à l’échelle européenne, 11,4% au Royaume Uni), pour mieux en appréhender la portée. Car si la situation française est franchement déséquilibrée, elle semble s’améliorer sensiblement au fil des ans et pouvoir, à terme, tendre vers une plus grande égalité entre réalisateurs et réalisatrices. Par ailleurs, en comparaison avec le cinéma européen dans sa globalité (et par extension le cinéma mondial), la France aurait plutôt tendance à montrer l’exemple.

Inégalités et clichés

Ce qui n’empêche nullement les remises en question, surtout au vu du reste de l’étude : femmes majoritairement présentes dans les métiers du cinéma traditionnellement considérés comme féminins (coiffeur-maquilleur à 76,6%, costumier-habilleur à 87,2% et  scriptes à 98,1%), films moins chers (devis moyen de 3,45 millions d’euros contre 5,66 pour les longs métrages réalisés par des hommes), rémunérations inférieures à celles des hommes (31,5% de moins pour une réalisatrice et rémunération horaire moyenne inférieure de 35,8%), etc.

Il paraît indéniable que le temps n’est désormais plus au constat, mais bien à l’action, en commençant par une évolution des mentalités. Dans une société où il n’est pas évident pour tout le monde de lutter contre les stéréotypes de genre, faire comprendre aux futurs professionnels qu’une femme peut être machiniste ou opératrice de prise de son ne semble pas complétement gagné, mais on part de si loin (4,3% de femmes machinistes, 3,1% d’électriciens…) que toute tentative est bonne à prendre.

De nombreux points restent par ailleurs à étudier pour comprendre la meilleure stratégie à adopter : l’enquête du CNC relève par exemple que le métier le plus mixte du cinéma est celui d’assistant réalisateur, avec 49,2% d’hommes et 50,8% de femmes. Mais quel pourcentage de chaque sexe passe lui-même à la réalisation et au bout de combien d’années ? Par ailleurs, si les budgets de films réalisés par des femmes sont inférieurs à ceux des films réalisés par des hommes, est-ce parce qu’elles parviennent moins facilement à les compléter, ou parce qu’elles travaillent sur des projets d’emblée moins coûteux ? Enfin, au-delà du pourcentage symbolique de femmes cinéastes, il serait intéressant de savoir quel pourcentage des femmes désirant tenter l’aventure y parviennent au final, et de le comparer à celui des hommes réalisateurs.

Des jurys au féminin à Cannes

En attendant, on est impatient de découvrir la sélection cannoise qui, quelle qu’elle soit, ne manquera pas de relancer le débat. Pour le moment, les femmes réalisatrices semblent devoir y être à l’honneur avec Jane Campion présidente du jury officiel, Noémie Lvovsky et Daniela Thomas dans le jury de la Cinéfondation et Andrea Arnold présidente du jury Nespresso de la Semaine de la Critique.

A suivre, donc. Mais une chose est d’ores et déjà certaine : il faut arrêter de blâmer le faible nombre de femmes réalisatrices pour justifier leur absence en compétition officielle. Même en prenant des hypothèses basses, il y a plus de 5% de films réalisés par des femmes de par le monde (ce qui correspondrait au 1 sur 20 de l’an passé). De plus, il serait  intéressant de considérer la sélection cannoise dans sa globalité avant de crier au scandale. En 2013, Valeria Bruni-Tedeschi était un peu l’arbre qui cachait la forêt (certes modestes) des 15 autres réalisatrices de longs métrages sélectionnées, toutes sections confondues.

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